Anya Sengdra, défenseur tibétain de l’environnement et lanceur d’alerte anticorruption bien connu, a été libéré de la prison de Mianyang le 7 février 2026. Toutefois, des sources proches ont récemment indiqué à International Campaign for Tibet que les autorités continuent de restreindre ses déplacements, de fouiller son téléphone et de le soumettre à des interrogatoires arbitraires. Il lui est également interdit de recevoir des soins médicaux sans autorisation préalable des autorités.
Sengdra souffre actuellement d’une maladie rénale, d’une perte de vision et d’hypertension artérielle. Malgré la gravité de son état de santé, il doit obtenir l’autorisation du gouvernement avant toute consultation ou traitement hospitalier. Bien que lui-même et sa famille aient sollicité cette autorisation à de nombreuses reprises, il n’a été autorisé à se rendre dans un hôpital local qu’une seule fois depuis sa libération. Un membre de sa famille a confié à ICT que son état de santé ne s’était pas amélioré.
Les autorités chinoises ne se contentent pas de restreindre ses déplacements : elles surveillent également les communications téléphoniques de ses proches et procèdent à des fouilles de leurs téléphones. Des personnes de son entourage ont par ailleurs été averties de ne pas évoquer publiquement sa situation.
Selon une source, une photographie de Sengdra a circulé en ligne peu après sa sortie de prison. Saisissant ce prétexte, les autorités l’ont accusé d’être en contact avec des « groupes séparatistes et criminels ». Il a alors été de nouveau convoqué au poste de police local pour y être interrogé ; son téléphone a été confisqué et fouillé de force, et il a été contraint de signer un engagement écrit l’obligeant à couper tout contact avec l’extérieur. Depuis cet incident, la surveillance dont il fait l’objet s’est considérablement intensifiée.
Arrestation et procédure judiciaire
ICT avait déjà rendu compte de la répression exercée contre Sengdra, y compris après sa libération. Âgé de 55 ans, cet éleveur nomade tibétain est devenu une figure respectée de sa communauté grâce à son engagement en faveur de la protection de l’environnement au Tibet et à sa lutte contre la corruption locale. En 2014, il a cofondé Mangdon Ling (« Forum des affaires publiques »), une initiative à travers laquelle il dénonçait l’exploitation minière illégale, le braconnage et le détournement de fonds publics, notamment la disparition de 18 millions de yuans destinés à des logements pour les nomades. Cette même année, il a été arrêté et condamné à un an et trois mois d’emprisonnement. Après sa libération en 2016, il a de nouveau été arrêté en 2018 sur la base d’accusations à caractère politique de « trouble à l’ordre public » et condamné à sept ans de prison en 2019.
Au cours de sa détention, Sengdra a été battu, privé d’assistance juridique et privé de soins médicaux adéquats malgré son hypertension. Sa date de libération initialement prévue pour le 3 septembre 2025 a été arbitrairement repoussée au 7 février 2026, sans procédure judiciaire transparente. Son cas a suscité une importante mobilisation internationale, notamment des demandes d’information formulées par trois rapporteurs spéciaux des Nations unies concernant son état de santé, ainsi qu’une résolution urgente de Fédération internationale pour les droits humains réclamant sa libération immédiate.
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