31 ans après, la Chine continue de cacher le Panchen Lama au monde

Le 17 mai 1995, les autorités chinoises ont enlevé un garçon tibétain de six ans, Gedhun Choekyi Nyima, quelques jours seulement après que Sa Sainteté le Dalaï-Lama l’eut reconnu comme la réincarnation du Panchen Lama, l’un des plus importants chefs spirituels du bouddhisme tibétain. Alors que les Tibétains en exil ont célébré le 37e anniversaire du Panchen Lama le mois dernier, ni lui ni ses parents n’ont été vus en public depuis leur enlèvement par la Chine en 1995.

À la veille du 31e anniversaire de cette injustice flagrante, International Campaign for Tibet ainsi que des Tibétains, des bouddhistes tibétains et des soutiens du Tibet à travers le monde demandent au Parti communiste chinois (PCC) de rendre compte du sort du Panchen Lama, de le libérer immédiatement et de lui restituer les droits et libertés auxquels il a droit en vertu des lois chinoises et des engagements internationaux de la Chine.

« Le 17 mai marque une journée tragique dans l’histoire tibétaine, celle où le gouvernement chinois nous a arraché un chef religieux vénéré — un enfant de six ans. Le PCC continue encore aujourd’hui de le détenir avec sa famille », a déclaré la Présidente d’ICT, Tencho Gyatso. « Nous appelons le président Donald Trump, le secrétaire d’État Marco Rubio et les autres dirigeants internationaux à demander au président Xi Jinping et aux responsables chinois de libérer immédiatement le Panchen Lama et de mettre fin à leur ingérence dans les pratiques culturelles et religieuses tibétaines. »

Le refus du PCC de fournir des informations sur le lieu où se trouve le Panchen Lama constitue un nouvel élément de sa campagne continue de répression et d’assimilation culturelle au Tibet. L’enlèvement du Panchen Lama par le PCC en 1995 a été la première étape de son projet visant à s’ingérer dans la succession de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, et la disparition forcée continue du Panchen Lama par Pékin demeure un élément central de cette stratégie qui ne cesse de s’intensifier. Après l’enlèvement de Gedhun Choekyi Nyima, les autorités chinoises ont désigné un autre jeune Tibétain, Gyaltsen Norbu, pour occuper sa fonction, une nomination rejetée à la fois par les Tibétains et par la communauté internationale. ICT et la communauté internationale s’attendent à ce que Pékin tente d’utiliser une tactique similaire pour s’ingérer dans le choix du 15e Dalaï-Lama lorsque le moment viendra.

Plus récemment, l’adoption de la « loi sur l’unité ethnique et le progrès », qui entrera en vigueur le 1er juillet, ainsi que le 15e plan quinquennal de la République populaire de Chine, constituent les dernières initiatives du PCC visant à rompre avec les engagements nationaux et internationaux de la Chine en matière de droits humains et à accélérer la destruction du patrimoine linguistique, religieux et culturel unique du Tibet. La Chine occupe illégalement le Tibet – un pays historiquement indépendant – depuis plus de 60 ans. Depuis 2010, le PCC refuse de négocier avec les dirigeants tibétains en vue d’un accord durable sur le statut du Tibet. Les autorités chinoises refusent également de permettre à Sa Sainteté le 14e Dalai Lama – chef spirituel du bouddhisme tibétain et l’une des figures les plus admirées au monde – de retourner au Tibet, près de sept décennies après l’avoir contraint à l’exil en 1959.

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