L’UE réitère son appel à la Chine à ne pas interférer dans la succession du Dalai Lama

À l’occasion du 40e dialogue UE-Chine sur les droits de l’homme, qui a eu lieu le 13 juin à Bruxelles, l’Union européenne a réaffirmé que la désignation des chefs religieux devait se faire sans ingérence gouvernementale et conformément aux normes religieuses – y compris pour la succession du Dalaï Lama. L’UE a également demandé à la Chine de fournir des « informations transparentes et fiables » sur le 11e Panchen Lama, disparu depuis 30 ans.

Vincent Metten, Directeur des Affaires européennes pour International Campaign for Tibet, a déclaré : « Nous saluons la position claire de l’UE concernant la succession du Dalaï Lama et le Panchen Lama. L’UE doit maintenant passer des paroles aux actes et envisager d’inscrire les responsables chinois impliqués dans de telles ingérences religieuses sur la liste du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme. »

Cette position renouvelée de l’UE intervient quelques semaines avant le 90e anniversaire de Sa Sainteté le 14e Dalaï Lama, le 6 juillet 2025 – un moment qui devrait être une célébration pour les Tibétains et les bouddhistes du monde entier. Mais à l’intérieur du Tibet, le simple fait de célébrer publiquement l’anniversaire du Dalaï Lama reste un acte risqué, comme le documente un nouveau rapport d’ICT. Des Tibétains ont été détenus, harcelés et emprisonnés simplement parce qu’ils possédaient photo ou pour avoir organisé des cérémonies de prière en son honneur.

Lors du dialogue, l’UE a également soulevé les cas de plusieurs écrivains, moines et militants tibétains détenus arbitrairement par la Chine, notamment Go Sherab Gyatso, Tashi Dorje, Anya Sengra, Tsongon Tsering, Drugdra, Lobsang Khedrub et Lobsang Gephel. Leur emprisonnement reflète une campagne plus large menée par la Chine pour réduire au silence les voix tibétaines et réprimer l’expression religieuse, linguistique et culturelle.

Les représentants de l’UE et de la Chine lors du 40e dialogue UE-Chine sur les droits de l’homme le 13 juin 2025 à Bruxelles. (Photo : Compte X de la délégation de l’UE en Chine)

En outre, l’UE a exprimé son inquiétude face au recours de plus en plus fréquent par la Chine à la répression transnationale. Cela fait suite au décès dans des circonstances suspectes du lama tibétain respecté Tulku Hungkar Dorje au Vietnam en mars 2025 – un incident qu’ICT estime potentiellement lié aux efforts croissants de Pékin pour surveiller et faire pression sur les communautés tibétaines à l’étranger.

Au-delà du contexte tibétain, l’UE a indiqué avoir utilisé ce dialogue pour aborder des violations plus larges des droits humains en Chine. Elle a mis en lumière les restrictions sévères à la liberté d’expression, à la liberté de réunion pacifique et d’association, le recours continu à la détention arbitraire, la surveillance des défenseurs des droits humains ainsi que la répression des minorités ethniques et religieuses. La dégradation de la situation sous la direction du président Xi Jinping renforce l’urgence pour l’UE d’adopter une réponse de principe et unie.

À la suite de la visite de terrain de l’UE au Tibet dans le cadre du 39e dialogue sur les droits de l’homme en juin 2024, l’agenda de cette année comprenait également une visite au Tyrol du Sud, en Italie. Selon l’UE, cette visite a offert l’occasion d’échanges ouverts sur la protection des droits des personnes appartenant à des minorités et sur la préservation de l’identité culturelle, notamment à travers l’éducation multilingue. Le Tyrol du Sud est largement considéré comme un modèle réussi d’autonomie réelle dans un cadre européen, y compris dans le domaine de l’éducation – un secteur où les Tibétains sont aujourd’hui confrontés à de fortes pressions coercitives et assimilationnistes dans le cadre des politiques de l’État chinois.

En mai 2025, le Parlement européen a adopté une résolution s’opposant clairement aux ingérences chinoises dans la succession du Dalaï Lama et d’autres dirigeants bouddhistes tibétains. Elle a également condamné le système coercitif d’internats imposé aux enfants tibétains, qui porte atteinte de manière systématique à la langue, à la culture et à l’identité tibétaines. La résolution a exprimé un fort soutien à l’approche de la voie médiane et a appelé à la reprise du dialogue entre Pékin et les représentants du Dalaï Lama.

Fin juillet, l’UE et la Chine tiendront leur prochain sommet en Chine, marquant le 50e anniversaire des relations diplomatiques UE-Chine. Alors que la situation des droits humains continue de se détériorer en Chine, au Tibet et au Turkestan oriental, l’UE doit veiller à ce que ces questions figurent en tête de l’ordre du jour du sommet. Cela inclut la situation au Tibet, la réaffirmation de l’appel à la Chine à ne pas interférer dans la succession du Dalaï Lama, ainsi que l’exhortation adressée à Pékin de reprendre un dialogue constructif avec ses représentants.

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