International Campaign for Tibet a participé activement à la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, qui s’est tenue du 23 février au 31 mars 2026 à Genève. Par le biais de déclarations orales au nom de la Helsinki Foundation for Human Rights, de rencontres avec les procédures spéciales de l’ONU et des diplomates, ICT a pu mettre en lumière les violations continues des droits humains au Tibet et exprimé ses préoccupations concernant les politiques assimilationnistes de la Chine visant l’identité, la langue et la culture tibétaines.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme exprime ses préoccupations concernant le Tibet
Lors de sa mise à jour orale sur la situation mondiale devant le Conseil des droits de l’homme le 27 février, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exhorté les autorités chinoises à cesser d’utiliser des dispositions pénales, administratives et de sécurité nationale vagues pour réprimer l’exercice pacifique des droits fondamentaux. Il a également appelé la Chine à libérer les personnes détenues arbitrairement et a exprimé ses préoccupations concernant les conditions de travail ainsi que les restrictions sur les libertés religieuses et culturelles affectant les Tibétains et d’autres populations.
Dans un tweet publié le 13 mars, le Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’homme a également exprimé son inquiétude concernant l’adoption par l’Assemblée nationale populaire de la Chine de la « Loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques ». Volker Türk a averti que cette loi risque de renforcer les politiques assimilationnistes, de restreindre « l’enseignement dans les langues minoritaires », de limiter la libre pratique de la religion et la liberté culturelle, et de pénaliser potentiellement l’exercice pacifique des droits des minorités.
Dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale sur la torture
Lors du dialogue interactif du 3 mars avec la Rapporteuse spéciale sur la torture, Dr. Alice Edwards, Vincent Metten, Directeur des Affaires européennes d’ICT, a prononcé une déclaration orale au nom de la Helsinki Foundation for Human Rights, mettant en évidence le schéma systémique de torture et de mauvais traitements orchestré par Pékin au Tibet, entraînant des décès en détention ou peu après la libération.
Plusieurs cas ont été évoqués pour illustrer ce schéma, notamment le décès de Norsang en détention en 2019 et celui de Gonpo Namgyal, un chef de village détenu en mai 2024 pour avoir promu la langue tibétaine et décédé peu après sa libération.
La déclaration a également attiré l’attention sur le cas de Zhang Yadi, une jeune défenseuse des droits humains militant pour les droits des Tibétains, qui serait détenue en isolement depuis juillet 2025 et exposée à un risque sérieux de torture ou de mauvais traitements.
Vincent Metten a appelé les autorités chinoises à mettre fin à la détention en isolement et à mener des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales sur tous les décès en détention ainsi que sur toutes les allégations de torture.

Dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels
Le 4 mars, Mélanie Blondelle, Chargée de politique et plaidoyer pour ICT, a prononcé une déclaration vidéo au nom de la Helsinki Foundation for Human Rights lors du dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels.
La déclaration a souligné les préoccupations concernant le fait que les politiques chinoises compromettent systématiquement la culture, la langue et la religion tibétaines. ICT a cité des conclusions d’experts de l’ONU indiquant que le système d’internats géré par l’État mis en place par la Chine au Tibet vise à affaiblir la langue et l’identité tibétaines.
L’intervention a également rappelé les récents avertissements des experts de l’ONU concernant des allégations de travail forcé et de programmes de relocation à grande échelle touchant les communautés tibétaines, pouvant constituer un transfert forcé ou une asservissement, soit des crimes contre l’humanité.
ICT a appelé le United Nations Human Rights Council et ses membres à exhorter la Chine à mettre fin aux politiques portant atteinte aux droits culturels des Tibétains et à garantir que ceux-ci puissent librement jouir de leur identité culturelle conformément au droit international.

Débat général sous le point 4: Situations relatives aux droits de l’Homme qui requièrent l’attention du Conseil
Lors du débat général sour le point 4, ICT, au nom de la Helsinki Foundation for Human Rights, a exprimé ses préoccupations concernant l’adoption récente par la Chine de la « Loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques ». La déclaration a averti que cette loi consolide et accélère la politique d’assimilation forcée du Parti communiste chinois (PCC), en particulier au Tibet.
ICT a souligné que la loi comporte des restrictions sur l’usage de la langue tibétaine dans les écoles et dans la vie publique, et qu’elle pourrait étendre la responsabilité pénale aux actions jugées contraires à « l’unité ethnique », y compris potentiellement celles menées en dehors du territoire chinois.
La déclaration a appelé le Conseil des droits de l’homme à examiner la manière dont ces mesures violent les obligations internationales de la Chine en matière de droits humains.
Plusieurs États ont évoqué le Tibet lors de ce débat, notamment l’Australie, la République tchèque, la Finlande, l’Allemagne, l’Islande, l’Irlande, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne.
Rencontres avec les Rapporteurs spéciaux de l’ONU
Lors de la session du Conseil, Vincent Metten a rencontré plusieurs titulaires de mandats de procédures spéciales des Nations Unies – des experts en droits humains indépendants chargés de rapports sur des thèmes ou des pays spécifiques. Les discussions ont porté sur la préservation et la transmission de la culture et de la langue tibétaines, l’impact du système d’internats sur l’identité tibétaine, ainsi que les implications de la nouvelle loi chinoise sur l’unité ethnique. ICT a également partagé des informations issues de recherches récentes et des cas individuels concernant le Tibet.
ICT a en outre eu l’occasion d’échanger avec la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la torture, Dr. Alice Edwards, à la suite d’un événement parallèle dédié au lancement d’une Charte sur les droits des victimes et survivants de la torture. L’échange a porté sur les préoccupations d’ICT concernant les décès en détention au Tibet ainsi que sur la soumission d’ICT documentant ces cas.

Rencontres avec les diplomates et la société civile
En marge de la session, ICT a également rencontré des diplomates de plusieurs États ainsi que des organisations de la société civile travaillant sur les questions de droits humains liées à la Chine et au Tibet.
Ces discussions ont porté sur les développements récents au Tibet, le rôle du Conseil des droits de l’homme pour traiter les violations graves des droits humains, ainsi que sur les possibilités de poursuivre le plaidoyer et la collaboration.
Événement parallèle sur la répression transnationale
Le 3 mars, la Society for Threatened Peoples a organisé un événement parallèle lors du Conseil consacré à la menace croissante de la répression transnationale. L’événement a rassemblé des représentants de communautés affectées, notamment des voix tibétaines, ouïghoures et chinoises dissidentes, pour montrer comment certains États étendent leur répression au-delà de leurs frontières. Parmi les intervenants, Thinlay Chukki, représentante de Sa Sainteté le Dalaï Lama, a détaillé des pratiques telles que la surveillance, l’intimidation des membres de la famille, le harcèlement en ligne et les tentatives de faire taire les activistes à l’étranger. Un accent particulier a été mis sur le cas tibétain, où les communautés en exil subissent des pressions systématiques à la fois par des moyens numériques et physiques.
Les participants ont également souligné les limites des mécanismes internationaux existants pour tenir les auteurs responsables. Les organisateurs ont en outre appelé les États et l’ONU à renforcer les protections pour les défenseurs des droits humains et à reconnaître officiellement la répression transnationale comme une violation grave à la fois de la souveraineté et des droits humains.
Droit de réponse de la Chine
Le 12 mars, la délégation chinoise a exercé son droit de réponse et a tenté de réfuter la vague de critiques émanant de la société civile. La Chine a accusé ses détracteurs de « fabriquer et diffuser de fausses informations au nom des droits humains pour attaquer et diffamer la situation des droits humains en Chine » et a affirmé que de telles « actions devaient être condamnées par la communauté internationale ». La délégation chinoise a également soutenu que le Tibet bénéficiait d’une stabilité sociale et économique, d’une unité ethnique et d’une harmonie religieuse. Cette position combative a mis en évidence la résistance continue de la Chine à l’examen international, son rejet des recommandations de l’ONU et son refus de respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains. Elle illustre également l’importance de continuer à soulever les politiques du PCC au Tibet dans les forums internationaux, tels que le Conseil des droits de l’homme.
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