International Campaign for Tibet salue la « communication » officielle rendue publique ce week-end par des Rapporteurs spéciaux et Groupes de travail des Nations Unies à l’attention du gouvernement chinois, portant sur l’ingérence de Pékin dans la succession du Dalaï-Lama ainsi que sur la disparition forcée du 11e Panchen-Lama du Tibet, Gedhun Choekyi Nyima. L’inquiétude exprimée par ces experts indépendants des droits humains de l’ONU face à l’intention déclarée du gouvernement chinois de désigner une personne de son choix comme « Dalaï-Lama » est sans précédent.
La lettre a été envoyée conjointement par la Rapporteur spéciale des Nations Unies dans le domaine des droits culturels, le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, la Rapporteur spéciale des sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, le Rapporteur spécial sur les questions relatives aux minorités, ainsi que la Rapporteur spéciale sur la liberté de religion ou de conviction.
Dans leur « communication » adressée au gouvernement chinois – un instrument formel de l’ONU visant à traiter des préoccupations en matière de droits humains concernant un État membre – les rapporteurs spéciaux expriment leur « vive préoccupation face à l’ingérence alléguée du gouvernement chinois dans le futur processus de succession du 14e Dalaï-Lama ». Ils ajoutent être « particulièrement préoccupés par le fait que la réglementation de la réincarnation des “bouddhas vivants tibétains”, notamment en restreignant la légitimité de toute réincarnation née ou résidant en dehors du territoire de la République populaire de Chine, puisse interférer avec les traditions et pratiques religieuses de la communauté bouddhiste tibétaine et potentiellement les compromettre de manière discriminatoire ».
Concernant le Panchen-Lama tibétain enlevé, Gedhun Choekyi Nyima, les rapporteurs spéciaux « demeurent gravement préoccupés par la disparition forcée présumée de Gedhun Choekyi Nyima, alors âgé de six ans, ainsi que de sa famille ».
La Présidente d’International Campaign for Tibet Tencho Gyatso a déclaré :
« Nous saluons la position de principe adoptée par les cinq titulaires de mandat des Nations unies. Nous appelons la communauté internationale à soutenir publiquement la récente déclaration du Dalaï-Lama du 2 juillet et à réaffirmer le droit des bouddhistes tibétains de choisir leurs dirigeants religieux sans ingérence du gouvernement chinois. Si certains États ont commencé à se saisir de la question, davantage d’acteurs doivent s’exprimer. Nous exhortons en particulier le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme à défendre publiquement et fermement les droits fondamentaux des bouddhistes tibétains et à rejeter l’intention du gouvernement chinois de nommer un faux Dalaï-Lama. »
« Les gouvernements devraient avertir les dirigeants chinois que la communauté internationale ne reconnaîtra que la légitimité d’un processus de succession dirigé par les Tibétains, conformément aux souhaits du 14e Dalaï-Lama. Par ailleurs, la communauté internationale devrait surveiller activement l’évolution de la situation et faire en sorte que la Chine soit tenue responsable de son ingérence continue dans le bouddhisme tibétain, en mobilisant tous les instruments pertinents du droit international. »
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