Répondre à la crise stratégique au Tibet : cinq priorités pour la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne

À l’occasion du début de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne le 1er juillet 2026, International Campaign for Tibet (ICT) appelle l’Union européenne à adopter une approche plus cohérente et plus stratégique à l’égard du Tibet dans le cadre de sa politique vis-à-vis de la Chine.

À l’heure où l’Union européenne aborde de plus en plus ses relations avec la Chine sous l’angle de la sécurité, de la résilience et de la réduction des dépendances stratégiques (« de-risking »), le Tibet ne peut plus être considéré comme une question périphérique. La détérioration de la situation des droits humains, l’accélération des politiques d’assimilation menées par la Chine, l’intensification de la répression transnationale, la militarisation du plateau tibétain ainsi que les préoccupations croissantes liées à la sécurité de l’eau et à la gouvernance environnementale montrent que le Tibet constitue à la fois un enjeu de droits humains et un défi stratégique pour l’Europe.

Dans sa note de briefing, ICT souligne que les évolutions au Tibet ont des conséquences directes sur la stabilité régionale, la sécurité internationale et la crédibilité de l’Union européenne en tant qu’acteur mondial attaché à ses principes. La présidence irlandaise – placée sous les priorités « Action and Delivery », « Ní neart go cur le chéile (L’union fait la force) » et le renforcement du rôle de l’UE comme acteur mondial fondé sur des principes – offre une occasion de faire en sorte que le Tibet occupe une place plus importante dans les relations entre l’Union européenne et la Chine.

La note de briefing identifie cinq priorités :

Cinq priorités pour la présidence irlandaise de l’Union européenne

En ligne avec ses priorités – « action et mise en œuvre », « Ní neart go cur le chéile – L’union fait la force » et « renforcer l’Union européenne en tant qu’acteur mondial fondé sur des principes » – la présidence irlandaise devrait veiller à ce que le Tibet bénéficie d’une attention accrue dans l’ensemble de l’engagement de l’Union européenne avec la Chine, en poursuivant cinq priorités :

  • Promouvoir la reprise du dialogue entre le gouvernement chinois et les représentants du Dalaï-Lama ou les dirigeants tibétains démocratiquement élus en exil, comme seule voie durable vers une résolution pacifique et négociée de la question tibétaine.
  • Défendre les droits fondamentaux des Tibétains en appelant publiquement la Chine à mettre fin à la répression, aux détentions arbitraires, à la torture, aux disparitions forcées de Tibétains ainsi qu’aux restrictions imposées à leurs libertés d’expression, de religion et de culture, notamment au plus haut niveau, comme lors du sommet UE-Chine.
  • Promouvoir la liberté religieuse, en particulier le droit des bouddhistes tibétains à choisir librement leurs dirigeants religieux, y compris dans le cadre de la succession du Dalaï-Lama, au moyen d’une déclaration commune de l’Union européenne affirmant que la désignation des dirigeants bouddhistes tibétains doit rester libre de toute ingérence de l’État.
  • Renforcer la coordination de l’Union européenne sur le Tibet en soutenant activement la nomination d’un représentant spécial de l’UE pour le Tibet ou pour les droits humains en Chine, afin de garantir une approche européenne plus cohérente et plus résiliente, notamment à un moment où la Chine met en œuvre des politiques d’assimilation de plus en plus agressives envers les Tibétains.
  • Veiller à ce que les engagements climatiques et environnementaux entre l’UE et la Chine intègrent systématiquement les questions liées à la sécurité de l’eau (notamment le développement hydroélectrique), à la biodiversité et aux impacts environnementaux sur le plateau tibétain.

Télécharger la note d’information complète (en anglais) ici.

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